Ulysse affrontera les colères des vents et de la mer, il fera naufrage à plusieurs reprises. Il ira peut être, jusqu'à visiter les régions hyperboréennes de l’Ultima Thulé, avant de retrouver enfin ses oliviers et Pénélope.

Mais de quel voyage s’agit il ? D'un voyage à la poursuite de l'itinéraire proposé par Homère, itinéraire tant de fois remis en question ou bien encore de notre voyage intime et immobile.

C’est peut être aussi et surtout celui de ces Naufragés d’aujourd’hui, qui se retrouvent sur des embarcations de fortune pour traverser cette Mer au péril de leur vie.

Aussi se peut-il que ce « récit-photographique » sans itinéraire précis et au caractère mythique, soit plastique, à savoir ouvert aux déformations et à l'imaginaire de l'entre deux.

Il s’agit pour moi d’établir ici, un dialogue entre mythes et réalités, auquel vient s'ajouter par delà le bégaiement des éléments, l'affranchissement vertigineux de la limite.



« Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
Tout passe et tout reste,
mais le propre de l'homme est de passer,

passer en faisant des chemins,
des chemins sur la mer...

Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
si ce n'est le sillage dans la mer… ».


Caminante, no hay camino... Antonio Machado ( 1875-1936 )