Les Naufragés ou la géographie du doute …
C'est un voyage entre Islande et Méditerranée, commencé il y a quelques années. Confronté très jeune aux allers-retours entre les deux rives de cette dernière, il m’était difficile de me considérer comme appartenant à un lieu ou à un autre.
Odysseus affrontera les colères des vents et de la mer, il fera naufrage à plusieurs reprises. Il ira peut être, jusqu'à visiter les régions hyperboréennes de l’Ultima Thulé, avant de retrouver enfin ses oliviers et Pénélope.

Mais de quel voyage s’agit il ? Des aventures d’Ulysse, ou de notre voyage à la poursuite d’un itinéraire, celui proposé par Homère et tant de fois remis en question ou bien encore de notre voyage intime et immobile.

Aussi se peut-il que ce « récit-photographique » sans itinéraire précis et au caractère mythique, soit plastique, à savoir ouvert aux déformations et à l'imaginaire de l'entre deux.

C’est peut être aussi celui de ces Naufragés d’aujourd’hui, qui se retrouvent sur des embarcations de fortune pour traverser cette Mer au péril de leur vie.

Il s’agit pour moi d’établir ici, un dialogue entre terre et mer, entre mythes et réalités, auquel vient s'ajouter par delà le bégaiement des éléments, l'affranchissement vertigineux de la limite.



« Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
Tout passe et tout reste,
mais le propre de l'homme est de passer,

passer en faisant des chemins,
des chemins sur la mer...

Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
si ce n'est le sillage dans la mer… ».


Caminante, no hay camino... Antonio Machado ( 1875-1936 )